IDRISS DEBY : LE DESPOTE TCHADIEN OU LE REMPART SAHÉLIEN ?


Dans un entretien accordé ce matin à France24, Alain Foka se demande si l'on ne va pas vite regretter la mort d'Idriss Deby dans le Sahel, car ce dernier servait quand même de rempart dans la sous-région. Le journaliste camerounais se fait ainsi l'écho d'une idée assez répandue selon laquelle un certain despotisme peut être vecteur de stabilité. Bien entendu, l'effort de l'armée tchadienne dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel est indéniable, et il faut leur rendre un hommage mérité. Cependant, ne perdons pas de vue que les régimes autoritaires servent eux-mêmes de terreau fertile à des mouvements de déstabilisation protéiformes (rébellion, terrorisme...), en raison notamment de la monopolisation du pouvoir, la restriction des libertés fondamentales et l'accaparement des richesses par une élite minoritaire. C'est un peu le serpent qui se mord par la queue. En réalité, un régime autoritaire, aussi fort soit-il, permet simplement de garantir une trêve relativement longue. Mais le régime finit toujours par tomber lorsque le peuple se réveille. Seules des institutions démocratiques fortes peuvent assurer une stabilité durable. Toutes nos pensées au brave peuple tchadien qui traverse un tournant dans son histoire. Ne croyez pas en l'homme providentiel ! Saisissez cette occasion inespérée pour amorcer une véritable transition démocratique.

Par Joseph Étienne Kolié. Le 21/04/21

A propos de l'auteur Joseph Étienne Kolié

Diplômé en Politiques publiques à l'Université de droit de Settat au Maroc et à l'Université Libre de Bruxelles, Jeseph-Etienne est auteur de plusieurs papiers traitant des politiques publiques et de la ville en Guinée.

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